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Vous avez déjà croisé un chat flamboyant, tout roux, et vous vous êtes demandé si un Sacré de Birmanie pouvait lui aussi afficher cette couleur de feu ? La question est logique. Ce chat au regard bleu profond et au pelage si particulier fascine. Alors, roux ou pas roux… et jusqu’où ? Voyons cela ensemble.
Pour comprendre si un Sacré de Birmanie peut être roux, il faut d’abord savoir d’où vient ce fameux roux. La couleur du pelage d’un chat dépend de la mélanine, le pigment aussi présent dans notre peau et nos cheveux. Pour le roux, c’est une forme de mélanine bien précise qui intervient : la phéomélanine.
Chez le chat, on distingue trois grandes bases de couleur : le noir, le rouge (roux) et le blanc qui, en réalité, correspond à une absence de couleur. À partir de ces couleurs primaires, d’autres teintes apparaissent, plus douces, dites “diluées”. C’est le cas par exemple du crème, du bleu (un gris bleuté), du chocolat, du lilas ou encore de l’ambre.
Un chat que l’on qualifie de “roux” peut donc être vraiment rouge vif, mais aussi crème, cannelle, fauve… Autrement dit, il existe toute une palette, du miel très doux à l’orange profond.
Un autre point intrigue souvent : pourquoi voit-on surtout des mâles roux ? Là encore, tout se joue dans les gènes. Le roux est lié à un gène particulier, souvent noté “O” pour “orange”. Ce gène se trouve sur le chromosome X, le chromosome sexuel.
Un mâle possède une combinaison XY. Il suffit donc qu’il ait un seul X porteur du gène “O” pour devenir roux. Une femelle, elle, a deux chromosomes X. Pour être totalement rousse, elle doit avoir le gène “O” sur ses deux X. Si elle ne l’a que sur un seul, sa robe se mélange : elle devient alors écaille de tortue, un mélange de roux et de noir.
Résultat : environ 80 % des chats roux sont des mâles. Et détail amusant, les chats roux ont souvent des yeux foncés (verts, dorés, cuivrés), presque jamais bleus. Ils peuvent aussi développer de petites taches de rousseur autour du museau ou des paupières.
Venons-en au Sacré de Birmanie. Ce chat n’a pas une robe comme les autres. Pour être reconnu officiellement, notamment par le LOOF en France, il doit respecter un standard très précis. Ce n’est pas seulement une question de couleur, mais aussi de motif.
Le Sacré de Birmanie a toujours un pelage de type colourpoint. Cela signifie que le corps est clair et que seules les extrémités sont plus foncées : oreille, masque du visage, queue et pattes. Le bout des pattes reste cependant blanc. Ce sont les fameux “gants” qui font tout le charme de cette race.
À l’origine, le Sacré de Birmanie était surtout vu en seal point : extrémités très foncées, presque noires, sur un corps crème. Mais avec le temps, d’autres couleurs ont été acceptées par les clubs de race.
Aujourd’hui, le LOOF reconnaît plusieurs colourpoints chez le Sacré de Birmanie. Parmi eux, certains tirent clairement vers le roux :
Chacune de ces couleurs peut exister en version tabby. Dans ce cas, les points ne sont pas simplement colorés, mais aussi rayés ou tigrés. On obtient par exemple du “red tabby point” ou du “cream tabby point”.
La réponse est oui… mais avec une nuance importante. Un Sacré de Birmanie peut être roux au niveau de ses extrémités, jamais totalement roux sur tout le corps. C’est le principe même de la robe colourpoint.
Les robes les plus rousses chez le Sacré de Birmanie sont :
En revanche, un Sacré de Birmanie ne sera jamais roux de la tête aux pattes comme un Maine Coon, un British Shorthair ou un Persan roux. Son corps restera toujours plus clair. C’est cette opposition entre extrémités foncées et corps pâle qui fait son identité.
Vous l’avez vu, les chats roux ont rarement les yeux bleus. Pourtant, le Sacré de Birmanie, même en red point, garde ses yeux bleus intenses. Pourquoi ?
Cela vient du gène responsable du motif colourpoint. Ce gène modifie la façon dont la couleur se dépose sur le pelage en fonction de la température du corps. Les zones les plus froides (oreilles, queue, pattes, museau) foncent. Les yeux, eux, restent bleus, un peu comme chez le Siamois, parent lointain du Sacré de Birmanie.
C’est donc une combinaison assez rare : des nuances rousses sur les points et un regard bleu profond. Ce contraste donne souvent aux Birmans red ou cream point une allure particulièrement douce, presque “vanille-fraise”.
Pour être reconnu comme véritable Sacré de Birmanie, un chat ne doit pas seulement avoir la bonne couleur. Il doit aussi respecter des détails très précis. Un juge en exposition va notamment regarder :
Un Birman peut donc avoir un joli roux sur son masque ou sa queue, mais si ses gants sont mal dessinés ou si la couleur n’est pas placée au bon endroit, il sera pénalisé en concours. Cela ne change rien à son charme au quotidien, bien sûr, mais cela compte pour le standard officiel.
Pour bien situer le cas du Sacré de Birmanie, il est intéressant de le comparer à d’autres races. Chez certaines, le roux est très recherché et fréquent. C’est le cas du Maine Coon, du British Shorthair, du Persan ou encore de l’Abyssin.
À l’inverse, chez d’autres races, le roux est totalement interdit par le standard. Par exemple, chez le Chartreux ou le Russian Blue, un chat roux ne sera pas reconnu comme un représentant de la race. Le Birman se situe entre les deux : le roux est autorisé, mais uniquement sous forme de red point, cream point ou torty point, et toujours avec un corps clair.
Pour conclure, oui, vous pouvez tout à fait rencontrer un Sacré de Birmanie roux, mais pas comme vous imaginez peut-être au départ. Il ne sera pas intégralement orange. Son corps restera crème, ivoire ou très clair, et seules ses extrémités prendront des teintes rousses plus ou moins intenses.
Si vous rêvez d’un chat à la fois lumineux, avec des nuances de roux, des yeux bleus profonds et ce fameux gantage blanc, le Sacré de Birmanie red point ou cream point peut être un merveilleux compromis. Un peu de feu dans la couleur, beaucoup de douceur dans le regard.